05.03.2008

Le MEDEF est un loup pour le MEDEF

Bon, un petit flashback pour commencer. Je vous plante le décor. Lundi soir de la semaine dernière, i-télé, la chaîne des CSP + et des winners du 21e siècle qui ont besoin d’être en permanence informés du cours de leurs actions, mais avec des journalistes jeunes et bien sapés. Jean-Pierre Gaillard avec l’esprit Canal, quoi. Bon. Emission intitulée « Le Franc-Parler », avec des dogues du journalisme incisif et sans concession comme Stéphane Paoli. Des vrais fouille-merdes, qui ne lâchent jamais rien. L’invité qu’on va faire parler franchement ? Laurence Parisot, qui n’en dort plus la nuit tellement qu’elle veut réconcilier les Français, ces bœufs avachis, avec les entrepreneurs, ces héros des temps modernes au torse velu et musclé.

 

Et moi, comme un gland, je ne peux pas m’empêcher de regarder, ou d’écouter plutôt. J’ai beau savoir à l’avance tout ce qu’elle va dire, que ça va me faire monter la tension, et tout, j’y vais quand même. Parce que la Laurence, c’est vraiment de la bonne came. Une fois qu’on y a goûté, on ne peut plus s’en passer. Vazi Laurence, fais-moi mal. Modernise le dialogue social. Oh oui c’est bon. Fais gagner la France.

 

Trève de plaisanterie, ce qui est effarant, c’est que quelle que soit la question, la réponse est toujours la même. Le chômage ? Il faut LI-BE-RA-LI-SER. Les délocalisations ? Il faut LI-BE-RA-LI-SER. Le contrat de travail ? Il faut LI-BE-RA-LI-SER. Je veux dire, c’est plus une interview, c’est le syndrome de Tourette.

 

Et quand Paoli, tout suintant d’une impertinence qui ne s’acquiert que dans des combats à mort contre le patronat, lui demande pourquoi certaines de ses idées passent mal, un autre TOC se déclenche chez Laurence : c’est parce qu’on n’a « pas assez expliqué ». Paoli, qui décidément ne laisse rien passer, la contredit vertement : « vous voulez dire qu’on a manqué de pédagogie ? »  Je vous laisse savourer toute la portée de ce « on »…

 

En fait, ce qui est extra de nos jours, c’est que dès que des grosses réformes bien bourrines de libéraux dopés à BFM sont mal acceptées par le peuple, ce n’est jamais parce qu’il s’agit de réformes de merde qui massacrent tout ce qui est bon dans ce pays, mais c’est tout simplement un « défaut de pédagogie ». Le Non à la constitution ? Les médias battent leur coulpe. Ils auraient dû mieux expliquer. Le refus du CPE ? Les français n’ont pas compris. En fait, le français est un abruti à qui il faut faire un petit dessin avec des fleu-fleurs et des Z’abeilles sinon il comprend rien à ce qui est bon pour lui.  Et nous on fait quoi ? On vote pour le meilleur « pédagogue », « celui-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom-sur-ce-blog » (CDONDPDLNSCB).

 

Mais depuis, Laurence s'est enervée. Fâchée toute rouge. LEs 1,7millions de gros pognon à Denis Gauthier Savagnac, c'est quand même tout meutch. Tout le monde doit démissionner du MEDEF, et Olivier Besancenot doit  devenir président  du CA de l'UIMM.

 

N aaaaaaaaaaaaaaaaaaan.

 

Je déconne.

 

Parce que la Laurence, elle est pascontre les 1,7 millions. Elle est seulement contre le fait que ça soit voyant! sinon, comment qu'elle va réconcilier les céfran avec l'entreprise, hmmm? si tout le monde vient lui gacher ses beaux powerpoints de propagande par des trucs aussi chelou? Et Laurence, c'est une louve à la tête d'une meute de loups. Et une meute, ça avance et ça laisse les cadavres derrière. The winner takes it all.

 

Désolé Denis. fallait pas te faire pécho.

 

03.03.2008

Au commencement il n’y avait rien…

905925032.jpg… mais alors rien du tout. En fait, je n’ai pas grand-chose de plus à dire que tout le monde, voire peut-être même moins. Mais en vertu de quoi n’aurais-je pas le droit de crier tout fort ce dont tout le monde se fout éperdument ? hmmm ? Alors que j’ai développé depuis ma plus tendre enfance un complexe de supériorité qui m’a mené à consulter plusieurs psys, freudiens puis jungiens, qui se sont battus au couteau pour moi (c’était assez sexy je dois dire), je devrais rester coi et ne pas polluer moi aussi la blogosphère de ma prose insipide ? Vous rêvez tout haut les enfants.

 

Alors me voici.

 

Que les choses soient claires. Je compte faire de ce bidule numérique un espace où règne l’arbitraire le plus total. Ma propre petite république bananière, où vous êtes toutefois les bienvenus, si vous avez quelques clics à perdre.

 


Mais de quoi allons-nous parler ? Bin à vrai dire on verra bien. Je vous en pose des questions, moi ?

 

Si vous voulez vraiment tout savoir, il y a de grandes chances que l’on parle de tout. Car tout m’énerve. Absolument tout. La politique, la religion, la philosophie, je suis ultra irrité contre tout. Mon médecin me file des cachets pour ça, mais on ne peut pas fuir sa vraie nature. L’autre jour, je me suis même emporté conte un petit chaton avec une clochette autour du cou, juste parce qu’il était mignon. Ca m’énerve.

 

En fait, sans rire, je suis en dépression. Voilà. Je vois un psy, je suis soigné pour ça, normalement, mais ma vie continue à ressembler à des montagnes russes et j'en bave sévère et j'en fais voir de toutes les couleurs aux personnes autour de moi, en particulier à ma femme. Alors je vais essayer de décharger ici, pour moins partir en sucettes à n'importe quel moment. Vous êtes prévenus.

 
Et puis autant ne pas vous le cacher plus longtemps, je suis un sale radical de gauche. Alors il y a de fortes chances pour que ce lieu soit aussi celui d’un enthousiasme franc, massif et débridé pour tout ce qui sort du génial cerveau de notre droite enfin décomplexée.

 

Ensuite, je travaille dans un hôpital. Oh j’y suis juste un petit administratif anonyme, mais il n’y a pas un jour sans que sorte une directive ministérielle destinée à démanteler l’hôpital public et à piller la Sécu pour tous nous pousser dans les bras des assurances privées, qui nous suçoterons tranquillement la carotide avant de nous jeter comme de vieilles serpillières. Et quand il n’y a pas de nouvelle loi assassine type franchise, ce sont des directeurs qui font du zèle juste parce qu’on leur a enseigné à l’ENSP  à « manager » des coûts et à faire « produire », en oubliant un peu les patients derrière. Alors là aussi je suis énervé, et il n’est pas impossible que vous constatiez que çà et là fleurissent de petites notes vindicatives sur ce type de problématiques.

 

Voilà, c’est à peu près tout pour l’instant, lecteur que j’aime et qui n’existe peut-être même pas. N’oubliez pas d’éteindre en sortant.