07.04.2008
Ma journée type…
6 heures… je me lève, et je me bouscule, bah oui j’me réveille quand même… bah oui c’est un peu l’habitude. Je sais, commencer le récit de sa journée en pastichant la chanson de Claude François, c’est un peu Petit Bateau, mais bon que voulez-vous, c’est pas comme si les milliards de gars qui ont eu l’idée avant moi allait me faire un procès, hein ?
Donc reprenons le fil des évènements. En général, au réveil, je me sens vaguement angoissé à l’idée de commencer une nouvelle journée, parce que si je sais comment elle commence, je ne sais jamais comment elle finit, quels nuages ou tempêtes vont passer dans mon ciel, ou si au contraire je parviendrai à maintenir le cap. Mais bon, la prise des anxyolotiques du matin, combiné à la ptite activité machinale du combo douche+ptit déj’ parvient en général à dissiper ce sentiment de malaise.
Là, je prends mon car et je redors. Il ne se passe en général pas grand-chose. J’aime prendre le car. Mais à part ça, je vois pas…

8-9 heures, suivant les contraintes du travail. Je commence ma journée vraiment à ce moment là.
En général, le matin, je me sens vraiment bien, en forme, lucide, j’ai la capacité à élaborer des projets, à réfléchir, à éviter des écueils, je me sens vraiment en phase dans mes baskets et j’ai à nouveau l’impression de vivre normalement.
12-14h. C’est toujours pareil. Là, bébé commence à avoir sa petite fatigue. A partir de ce moment là, je rentre très progressivement dans le « monde du coton ». Ma fatigue augmente, ma tête s’alourdit, je commence à perdre cette précieuse lucidité du matin pour me ressentir petit à petit, eh bien… juste déprimé, rhalala.
17 heures. Le tournant critique. Ca passe ou ça casse. En général, le trajet en bus de retour me permet de me requinquer un peu mais j’arrive fourbu à la maison, le poids du monde sur mes épaules trapues. Et putain, je n’ai pourtant pas envie d’aller mal à ce moment-là… mais c’est pourtant dans ces moments que je suis le plus fragile, que tous les plans que l’on a pu mettre au point avec ma chérie pour contourner les obstacles, pour déjouer les pièges de la dépression, c’est en général là que je me plante et que je me laisse glisser, à moitié vaincu, et que la moindre contrariété m’envoie valser dans les tréfonds du « Grand N’importe Quoi ». Je dis « à moitié », parce qu’heureusement, j’ai quand même le sentiment de ne pas perdre à chaque fois tout le terrain gagné. A chaque moment sa révélation, sa porte ouverte vers des sentiments plus précis et plus justes.
Moment du coucher. Moment critique s’il en est. Vais-je craquer dans la dernière ligne droite ? si non, banco, si oui, alors c’est parti pour la nuit blanche à ressasser ma merde. Bon, là où on voit que ça va un peu mieux, c’est que nous n’avons pas connu de soirs « dramatiques » depuis quelques temps, de ceux qui épuisent et laissent sans voix. Maintenant, en tout cas, je sais que je dois gérer plus prudemment l’intensité de ma journée.
Aller hop, espoir, te revoilà. Où t’étais mon poteau !!!
22:05 Publié dans Journal d'un dépressif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dépression, bridget djones
Résumé des épisodes précédents
Nous avions quitté lors des précédents épisodes un héros très déprimé, mais également passablement énervé. Comme nous sommes ici un feuilleton qui tient à fidéliser son public, rassuez-vous, les conditions de météorologie émotionnelle sont à peu près les mêmes, donc personne ne sera perdu et Page et Ridge en sont toujours sur la même scène depuis l’épisode 245. Tout le monde attend cependant impatiemment l’arrivée de Crickett.
Après trois jours corrects, durant lesquels notre héros se mit à expérimenter de nouveau des sentiments proches de ceux d’un être humain normal et fut même en capacité de se sortir la tête de son nombril pour s’occuper un minimum de l’amour de sa vie, la loi de la gravité étant ce qu’elle est, la pomme retomba et Newton était bien en dessous. Car notre héros avait un cœur, et de nouveau il avait tenté de l’écouter, mais la sensation d’ivresse résultant de l’amélioration passagère de sa condition lui fit perdre de vue qu’il n’était encore qu’un grabataire émotionnel à l’aube de sa convalescence.

Il y eut donc bouleversement, et non-reconnaissance de cette fragilité pourtant bien normale. Il y eut donc barrage progressif en vrille et éclatage en bons gros sanglots habituels… avec appelage d’SOS Amitiés pour faire bonne mesure…
Et gros sentiment de déprime le dimanche soir et besoin de sortir tout ça de la tête et de le mettre quelque part, ailleurs, alors pourquoi pas sur ce blog, hmmm, fidèle lecteur ?
Le plus étrange dans tout cela, c’est que j’avance. J’avance doucement mais sûrement. Mais de toutes mes avancées qui me permettent de mieux cerner l’origine ou encore le mécanisme de mes problèmes, aucune ne signifie guérison. Et pourtant, à chaque période de « mieux », j’ai ce fol espoir qui rejaillit en moi… et si c’était pour cette fois, le « début de ma nouvelle vie » ? Mais à chaque fois, j’ai une terrible angoisse de la rechute, à tel point que je peux prendre un simple coup de moins bien pour un recul énorme. Ce n’est pas le cas, évidemment, mais c’est vraiment les boules à chaque fois.
J’ai pourtant plusieurs leviers pour reprendre un certain contrôle de ma vie :
- Le nœud, le cœur : Prendre mes distances émotionnelles avec mes parents (je le détaillerai dans un prochain post, ami lecteur, afin de récompenser ton assiduité)
- Ecouter mon cœur plutôt que ma tête, car c’est là fonctionnent en boucle tous les refrains de la dépression.
- Quand ça va mal, le dire. Ne pas essayer de jouer les héros, Bobby.
- Accepter d’être en colère ou bien que l’on soit en colère contre moi. A ce titre, mon psy m’a filé des exos « comportementalistes » pour gérer cette émotivité qui pour l’instant me dépasse totalement…
Aujourd’hui est déjà un autre jour, et je me suis levé en me demandant ce qui allait me tomber dessus encore ou si j’allais tout simplement arriver à expédier les affaire courantes… Aye, caramba.
Pas de chute pour ce post…

00:41 Publié dans Journal d'un dépressif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dépression, sos amitié
26.03.2008
Sentiments durs à gérer
Chose promise, chose due. Si la semaine dernière a été chaotique, c'est que j'ai réalisé plein de choses. Les anti-dépresseurs n'étaient vraiment pas extras pour moi, ça me faisait passer par des moments de hauts et de bas complètement épuisants et impossibles à supporter pour ma chérie. Alors j'ai changé de médocs. Tercian, here i come. Et ce truc m'a vraiment fait du bien, ça m'a enlevé l'angoisse et les sentiments annexes créés par la dépression comme l'angoisse, la boule au ventre ou la culpabilité sans objet particulier, ou la sensation de ne pas pouvoir se lever pour commencer quelque chose. Du coup, je me suis retrouvé tout dépouillé face à la vérité nue et aux sentiments purs qui me mettent dedans aujourd'hui parce qu'ils se sont accumulés sur des dizaines d'années.
Je ne détaillerai pas forcément les causes objectives et les trucs persos que j'ai compris, par pudeur (bin oui je déballe tout mais je garde le bas, désolé).
Le pire (ou le mieux, parce que j'ai énormément progressé ce jour là), c'est mardi dernier, le 18. Me voilà parti sur les petites routes de campagne entre le petit village où j'habite et une petite ville à une trentaine de bornes de là. Et moi, d'humeur badine, je veux passer par un itinéraire inhabituel, pour changer, pour le plaisir de conduire dans la campagne au milieu des ragondins et des mulots farceurs. Mais sur toutes les routes que je prenais, sur toutes les déviations que j'empruntais, je vous jure, il y avait des travaux, impossible de passer. Me voilà tout seul dans ma caisse à paniquer comme un gland durant 20 minutes avant de retrouver un chemin qui m'accepte. On aurait dit un mauvais rêve, une putain de métaphore de ma vie. Mais c'était la réalité.
Du coup me revoilà sur la bonne route, et je cogite, je cogite, je cogite, et un sentiment de tristesse immense commence à me gagner et je me mets à chialer, doucement d'abord, puis à gros sanglots de plus en plus, au point de ne plus pouvoir conduire et d'être contraint de m'arrêter. Alors en Djack Bauer bien équipé de la dépression que je suis, je sors mon pti carnet et je me mets à écrire, écrire, écrire, jusqu'à ce que les larmes se tarissent et que je retrouve un semblant de calme pour reprendre la route. Si vous ne vous êtes jamais trouvés arrêtés sur une départementale en train de sangloter, alors que des gros camions passent à 90 km/heures et qu'à chaque fois le souffle vous fait tanguer, eh bien, si vous pouvez éviter, faites le. Aller plutôt au ciné ou, tenez, au bowling par exemple.
Cette tristesse, elle venait du fin fond de mon enfance et de ce que j'ai vécu – ou pas vécu – à ce moment là, à partir du moment où j'ai choisi de me replier sur moi pour ne rien faire de mal, à me plonger dans les livres au lieu de la vie, là où j'étais inoffensif et où personne ne pouvait me critiquer ou me faire de mal, où je pouvais être un petit garçon modèle que je cherche encore à être aujourd'hui malgré moi, et c'est pour cela que je ressens encore tout avec autant d'acuité, comme si c'était encore d'actualité. Mais ça l'est. Et j'ai 29 ans, bordel.
Le jeudi, révélation fatale. Yves, 29 ans, pas de but dans sa vie, aucune estime de lui-même, ne respectant pas les autres parce qu'il ne se respecte pas lui-même, provoquant des situations merdiques pour être « puni », pour « avoir mal » parce que quelque part je le mériterais. Bin oui après tout, quand on embarque tout le monde dans la merde de la dépression, quand on est incapable de gérer sa propre vie, qu'est ce qu'on mérite à part en prendre plein la tronche! La fessée émotionnelle, en quelque sorte.
Samedi, enfin.Et là vous vous dites « ah oui quand même il a tout de même réussi à arriver jusqu'au samedi, moi je croyais qu'il n'y avait plus qu'à vendre le nom de domaine de ce blog parce que tout était foutu ». Presque, perspicace lecteur. Car le samedi fut bien merdique. Mais salutaire lui aussi. Parce que là je comprends enfin que le lien entre toutes ces situations, toutes celles que je notai dans mon carnet selon la méthode dite des « trois colonnes » (situation / changement d'humeur / pensées) toutes avaient un point commun.
La colère.
Le ressentiment
Et ça dans les deux sens... je me rends compte que je suis incapable de gérer une colère, même légitime, dirigée vers moi. Et que ça trouve une résonnance particulière, un écho puissant dans mes tripes. Que ça me désempare. Que je me sens inexplicablement coupable, fautif au-delà du rationnel, que ça me le doigt dans une plaie à vif. J'ai juste envie de fuir, de me cacher, de me réfugier dans le petit monde du petit Yves de 7 ans au milieu de ses livres, à l'époque où on se foutait (gentiment) de moi, en disant que j'avais avalé un dictionnaire, mais que je ne provoquais la colère de personne. Pensez-vous ! Yves, c'est un bon élève, il est sage, dans son coin, on ne l'entend jamais, une crème. Ce qu'il pense? Là on n'en sait rien, mais quelle importance.
Et à l'inverse, lorsque moi je ressens de la colère, je suis absolument incapable de l'exprimer, je la refoule, et elle grandit pourtant en moi et me rend irritable, prêt à basculer au moindre souffle dans le gouffre du grand n'importe quoi. Et je vacille au bord du nombrilisme, de l'égotisme constant, ping pong entre le complexe d'infériorité et de supériorité...

Alors pourquoi? Je suis au seuil de quelque chose, j'ai des vraies pistes. Mais ça sera pour une autre fois. Mais si je suis arrivé au samedi, que je suis même parvenu en un seul morceau au mardi, dites bravo à ma douce qui sait le mélange secret entre compréhension tendre et secouage de cocotier, qui n'a pas peur de la colère ni d'aucuns sentiments, pour qui je suis avant tout humain, qui me serre dans ses bras ou me met face à moi-même quand il le faut. Je ne sais pas d'où elle tire cette force (qui a ses limites, la situation l'épuise elle aussi), ou plutôt je sais, mais je ne le dirai pas. Mais en tout cas, elle mérite que toute personne qui lise ce message s'arrête un instant de penser à moi (pour autant qu'il le fasse), pour penser un peu à elle et lui envoyer un peu plus de force pour qu'elle tienne. Moi on s'en fout. Mais seigneur, faites que j'aille un peu mieux avant que de l'avoir poussée à bout.
Ca va le faire, parce qu'on le mérite tout les deux. Mais qu'est ce que c'est dur et chaotique.
22:48 Publié dans Journal d'un dépressif | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : dépression, colère, enfance bizarre
22.03.2008
Semaine de merde...
Je reposterai le détail quand j'aurai plus de recul, ou je me bornerai à recopier les notes que j'ai pu prendre, je ne sais pas encore.
Mais à chaque fois que j'ai l'impression de faire des progrès, de découvrir quelque chose qui va me permettre d'aller mieux, je retombe. Et même s'il y a plein de raisons objectives pour cela, je trahis promesse après promesse, espoir après espoir, au point d'en perdre le contact avec tout sentiment positif, avec le fait même de se sentir capable d'aimer tout simplement. Et même si ce n'est qu'illusion, ça fait pas vraiment du bien.
Je sais pourtant que c'est possible, je viens de regarder plein d'albums photos de notre histoire avec ma femme, et quand je les revois et que je la sais à côté de moi, je sais que je l'aime, je sais pourquoi je l'aime, très précisément, avec des mots dessus.
Je l'aime parce que je la trouve intelligente, belle, sensible, malicieuse, qu'elle sait faire plaisir aux gens juste pour le simple fait de le faire, sans en attendre aucun bénéfice pour elle. Je l'aime parce que quand elle est fatiguée et qu'elle veut aller se coucher, elle a cette petite moue boudeuse et drôle qui me dit « mon petit loup, cajole moi prends soin de moi » et qu'elle s'abandonne totalement (parce qu'elle le veut bien, elle n'a besoin de personne et c'est ce qui me fait craquer encore aujourd'hui . J'aime son rire, son sourire. Et pourtant, quand j'y pense, je pleure & je pleure encore,
Mais c'est comme si la liaison entre mes sentiments et leur traduction en actes était brisée, et que je ne fais plus que réciter mes gammes d'amoureux d'après les souvenirs que j'en ai, d'avant ma dépression ou de ce qui est diagnostiqué comme tel.
Et pour une fois, les médocs marchent. Je ne me sens plus du tout angoissé, plus oppressé. Vive le Tercian, pour ça. Résultat, plus rien ne se passe dans l'estomac et les poumons, c'est tout dans la tête. Et je suis complètement submergé par la tristesse et le mal que je fais autour de moi. Il n'y a pas de remède pour la culpabilité, apparemment.C'est comme une hyper lucidité qui me paralyse complètement. Je n'arrive pas à respecter ma chérie, en tout cas pas plus de 12 heures d'affilée...
La plus grosse connerie du discours que l'on tient aux dépressifs, c'est « soyez égoïste », « faites vous plaisir »... parce qu'on y croit, on pense que c'est la solution, et on peut aussi s'enfermer encore plus dans l'égocentrisme. Enfin, c'est ce qui m'est arrivé, je ne sais pas pour d'autres. Et aux conjoints : « soyez patients ». C'est quoi, la patience? Et la patience, ça s'épuise, et je suis en train de tout perdre parce que je suis incapable de décider d'aller mieux, et je gâche sa vie, son temps, sa jeunesse avec toute cette merdre.
Je me comporte parfois comme un putain d'accro à ma dépression, et je me dis que je devrai aller aux alcooliques anonymes ou à un truc du genre. Parce que je gâche journée après journée, possibilité après possibilité, espoir après espoir... et que ça finit par « ressembler » à la normalité. Je ne sais même plus ce que c'est que de me sentir normal. Moi qui avais les boules d'être maniaco dépressif, bipolaire. Non non je suis bien dépressif tout court. Félicitations.
Je laisse là pour ce soir, je suis en pleine crise, ça sert à rien. Je ne sais même pas quels mots utiliser pour rassurer ma chérie, lui montrer que je vais aller mieux. J'ai vraiment peur ce soir. Vraiment très peur.
20:08 Publié dans Journal d'un dépressif | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : dépression
12.03.2008
montagnes russes
Le Week End, comme la semaine dernière, a été plutôt dur , après une semaine presque exaltée, à la limite de la phase maniaque, où je m'étais à nouveau senti capable de soulever des montagnes. ça m'a laissé crevé, vidé, grillé comme jamais auparavant. Et ça n'a pas manqué, je suis retombé en kit (pas en kilt, désolé, peut etre une prochaine fois).
Cette semaine, ça semble mieux, la communication est rétablie sur de bonnes bases avec ma chérie, après que je l'aie inondée de larmes durant des heures et des heures. Sa patience et sa force, je ne sais pas vraiment où elle les puise.
Depuis 2 jours pourtant, encore des tonnes d'activités dans la tête, en particulier pour le syndicat où je milite,mais ça va à 2000 à l'heure dans ma tête, je n'arrive même plus à "processer" l'info. Heureusement que ma femme m'avait offert un petit carnet où je peux tout noter au fur et à mesure... en général, ça permet d'évacuer le surplus, de le ranger dans un tiroir momentanément jusqu'à ce que je sois capable de m'en occuper.
Mais cette alternance m'inquiète, je me demande si je ne suis pas maniaco-dépressif, même si je sais qu'il faut beaucoup plus de temps pour poser un tel diagnostic, qui est assez lourd. Et je m'angoisse là-dessus alors qu'il y a une semaine je doutais même d'être dépressif!! Mr. rationnalité 2008... Enfin la différence, c'est que j'essaie de me modérer cette fois-ci, de ne pas tomber dans le piège d'il y a 2 semaines.
J'ose à peine relire la première note de ce journal, je la trouve complètement étrangère à moi. Et pourtant, je me souviens parfaitement l'avoir écrite, qu'elle collait parfaitement au flot de ce truc qui sortait de moi et qui me rongeait.
En tout cas, à partir de demain, je suis censé changer de traitement pour essayer de stabiliser ses variations d'humeur. J'abandonne une étude de phase 3 pour une combinaison d'antidépresseurs. Trop lourd en terme de suivi, pas concluant pour moi, même si il y a quand même eu du mieux.
Mais avant ça, re-prise de sang, re-ECG. La fête quoi. Dites bonjour au trou de la Sécu, les amis (je déconne, c'est le labo qui paye, non mais oh!)
Ah oui, j'oubliais presque... samedi, pour éviter de décharger une grosse crise de panique/angoisse/ Titanic, j'ai appelé SOS amitié pour me vider les tripes. J'avais des préjugés sur cette asso (vague souvenir d'Anémone dans Le Père Noel est une ordure), genre c'est pathétique d'appeler. Virage à 180° je suis tombé sur quelqu'un de génial qui m'a écouté, m'a aidé à reformuler et à reprendre mon calme. je ne suis pas soigné, mais c'est une sacré découverte. Merci à eux.
A plus, et d'ici là, tenons tous bons les zaminches
23:32 Publié dans Journal d'un dépressif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dépression
06.03.2008
Le bord du gouffre
Je suis un gars ordinaire. Je n'ai aucun problème. J'ai fait les études que j'ai voulu, J'ai épousé la fille que j'aime, je vis dans un appart' sympa dans un bel endroit agréable à vivre. Et pourtant, je fais une dépression. Et pendant ce temps, il y a des gens avec des vrais problèmes, qui vivent dans la misère ou qui crèvent dans des conditions innommables.
Et moi, je suis là, avec ma petite dépression. Ou du moins, c'est ce que m'ont dit les médecins, le psy lui préfère parler d'atteinte au moral... tout ça ce n'est que des étiquettes pour une seule et même chose : le bord du gouffre. Tu es là, tu as l'impression d'avoir un minimum de contrôle, de naturel, et tout d'un coup, en moins d'une seconde, pour un geste, un mot, une feuille qui vole au mauvais moment, tu tombes. Peu importe ta volonté, peu importe ton niveau d'études, le nombre de livres que tu as lus, le nombre d'épreuves que tu as traversées, tu t'écroules. Et les larmes viennent du fond de tes tripes, là où tu pensais qu'il n'y avait rien, rien du tout. Mais il y a cette sensation de vide, qui t'empêche de vivre, parce que ce vide siphonne le sens des choses, leur goût, leur intensité.
Tout ce qui est grand, sacré, aimé, la minute d'avant, tout cela s'effrite.
Et quand tu te calmes, que les médocs t'anesthésient ou quoi que ce soit que tu aies trouvé pour reprendre le contrôle, tu restes là comme une merde au bord du chemin, une espèce de rien du tout déconnecté de ses sentiments, à la merci de n'importe quoi, pourvu que ça fasse s'arrêter la grande roue des pensées négatives qui te plombent et t'assomment et te renvoient là d'où tu viens.
Et l'optimisme peut revenir.
Jusquà la fois suivante. Jusqu'à la prochaine feuille au prochain mauvais moment. Une personne un instant, un étranger la seconde suivante. Un putain d'étranger pour tout le monde, y compris toi-même.
Et tu te hais. Tu voudrais te dire de partir, de te casser, de t'arracher de ta propre tête pour te retrouver, toi, mais tu n'es nulle part. Tu ne te vois pas, tu ne te sens pas. Même ton corps te paraît être celui de quelqu'un d'autre. Et autour de toi, lesgens que tu aimes en prennent plein la tronche dans ce va et vient incessant, et tu les uses, jusqu'à ce qu'eux aussi te perdent de vue et ne se rappellent plus qui tu es et pourquoi ils t'aimaient. et tu les comprends. Et cela appuie sur juste les bons boutons pour te mettre encore un peu plus en pièces.
Je m'appelle Yves. Et je suis dépressif. Voilà ce que je sais.
Bienvenue dans ce blog. Bienvenue dans cette merde. Bienvenue dans ma vie.
21:12 Publié dans Journal d'un dépressif | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dépression
03.03.2008
Au commencement il n’y avait rien…
… mais alors rien du tout. En fait, je n’ai pas grand-chose de plus à dire que tout le monde, voire peut-être même moins. Mais en vertu de quoi n’aurais-je pas le droit de crier tout fort ce dont tout le monde se fout éperdument ? hmmm ? Alors que j’ai développé depuis ma plus tendre enfance un complexe de supériorité qui m’a mené à consulter plusieurs psys, freudiens puis jungiens, qui se sont battus au couteau pour moi (c’était assez sexy je dois dire), je devrais rester coi et ne pas polluer moi aussi la blogosphère de ma prose insipide ? Vous rêvez tout haut les enfants.
Alors me voici.
Que les choses soient claires. Je compte faire de ce bidule numérique un espace où règne l’arbitraire le plus total. Ma propre petite république bananière, où vous êtes toutefois les bienvenus, si vous avez quelques clics à perdre.
Mais de quoi allons-nous parler ? Bin à vrai dire on verra bien. Je vous en pose des questions, moi ?
Si vous voulez vraiment tout savoir, il y a de grandes chances que l’on parle de tout. Car tout m’énerve. Absolument tout. La politique, la religion, la philosophie, je suis ultra irrité contre tout. Mon médecin me file des cachets pour ça, mais on ne peut pas fuir sa vraie nature. L’autre jour, je me suis même emporté conte un petit chaton avec une clochette autour du cou, juste parce qu’il était mignon. Ca m’énerve.
En fait, sans rire, je suis en dépression. Voilà. Je vois un psy, je suis soigné pour ça, normalement, mais ma vie continue à ressembler à des montagnes russes et j'en bave sévère et j'en fais voir de toutes les couleurs aux personnes autour de moi, en particulier à ma femme. Alors je vais essayer de décharger ici, pour moins partir en sucettes à n'importe quel moment. Vous êtes prévenus.
Et puis autant ne pas vous le cacher plus longtemps, je suis un sale radical de gauche. Alors il y a de fortes chances pour que ce lieu soit aussi celui d’un enthousiasme franc, massif et débridé pour tout ce qui sort du génial cerveau de notre droite enfin décomplexée.
Ensuite, je travaille dans un hôpital. Oh j’y suis juste un petit administratif anonyme, mais il n’y a pas un jour sans que sorte une directive ministérielle destinée à démanteler l’hôpital public et à piller la Sécu pour tous nous pousser dans les bras des assurances privées, qui nous suçoterons tranquillement la carotide avant de nous jeter comme de vieilles serpillières. Et quand il n’y a pas de nouvelle loi assassine type franchise, ce sont des directeurs qui font du zèle juste parce qu’on leur a enseigné à l’ENSP à « manager » des coûts et à faire « produire », en oubliant un peu les patients derrière. Alors là aussi je suis énervé, et il n’est pas impossible que vous constatiez que çà et là fleurissent de petites notes vindicatives sur ce type de problématiques.
Voilà, c’est à peu près tout pour l’instant, lecteur que j’aime et qui n’existe peut-être même pas. N’oubliez pas d’éteindre en sortant.
11:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : moi, dépression, politique, santé




